À la JonXion, la cuisine sociale et inclusive des Tables d’Uzel

« Florian Bouquet (président du conseil départemental du Territoire de Belfort) nous an interpellés sur l’idée de créer une cafétéria inclusive en 2017 mais nous ne pensions pas en avoir les moyens », explique Corinne Redersdorff, directrice de l’Adapéi du Territoire de Belfort secteur travail protégé et activités. Finalement, l’Adapéi du Doubs, qui avait déjà de l’expérience dans le domaine, s’est associé au projet. À deux, ils ont pu se lancer.

L’essence du projet: accompagner vers l’emploi des personnes en situation de handicap. En tout, la cafétéria emploie douze travailleurs d’Esat, de 18 à 50 ans. Mais aussi un responsable, un moniteur d’atelier et une personne chargée de l’insertion. « Cet endroit leur permet d’être dans un milieu protégé au regard du handicap tout en pouvant travailler dans un domaine qui leur plaît », explique Corinne Redersdorff. Les posts sont adaptés selon le potentiel de chacun et les tâches sont simplifiées, séquencées pour permettre à tous de se sentir à leur aise. Toutes les semaines, les travailleurs changent de poste, passant de la cuisine à la logistique, de la gestion de service à la plonge. Avec pour ambition d’être le plus polyvalent possible. Pour la plupart, c’est un premier poste dans la restauration. Mais d’après l’équipe encadrante, aucun problème de ce côté-là. Les travailleurs ont été « scotchant » lors de l’ouverture le 17 mars dernier. Tant par leur professionnalisme que par leur motivation.

Lucas et Jonathan, tous deux travailleurs à la cafétéria, témoignent de leur enthousiasme à travailler dans ce cadre. « Au début, c’était un peu stressant. Mais ça va beaucoup mieux », raconte Lucas. Pour Jonathan, pas de stress, la vocation est la. « Tout s’est très bien passé dès le début. Mais nous avions fait beaucoup de stage avant, ça a aidé », confie-t-il. En effet, depuis 2021, l’équipe a été formée dans différentes structures : l’Adapéi de Brognard, l’hôpital Nord Franche-Comté, le traiteur Le convivial, le CFA de Montbéliard, l’Ehpad de Beaucourt, le fo ou encore la cantine de la gendarmerie de Belfort.

S’ils tournent sur les postes, l’encaissement, qui reste un moment assez stressant, est tenu sur la base du volontariat. Lucas confie avoir hâte que ce soit son tour. Mais pour Jonathan, c’est un non plus catégorique. Il est beaucoup plus à l’aise en cuisine et manie « à la perfection la précision de la découpe », raconte Jérôme Chassignet, responsable du lieu.

En plus d’être un lieu protecteur, Corinne Redersdorff insiste sur le fait que cet endroit est aussi un tremplin pour que ceux qui le sentent, le souhaitent, puissent intégrer le milieu ordinaire par la suite. Le lieu a aussi pour vocation de devenir un lieu pour les personnes en situation d’insertion ou de réinsertion. Ce n’est pas encore le cas, mais la directrice, Corinne Redersdorff, espère que les choses évolueront en ce sens d’ici peu.

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