Business douteux en family

SAINT-LOUIS. Plus de un million et demi d’euros détournés en cumulé entre 2010 et 2016 de manières diverses. Les faits se sont déroulés au sein d’une quincaillerie gérée en famille.

Le patriarche a nommé sa fille et son fils comme gérants de paille, faisant encaisser des chèques destinés à la société par sa fille, se versant des salaires indus ou encore des virements. La société initiale est placée en redressement au lieu d’être liquidée, laissant une ardoise de 800 000 euros aux fournisseurs. Puis son stock est détourné afin de faire fonctionner la nouvelle coquille sous la forme d’une nouvelle société.

À la barre du tribunal de Saint-Pierre ce jeudi, le patriarche est absent mais les deux enfants sont présents. Ils se justifient en se positionnant en tant que victimes de leur père, qui gérait toutes les opérations au sein de l’entreprise. “On disait oui papa sinon il y avait des représailles”, lèvent-ils en bouclier. La société n’a pas non plus publié les bilans comptables et sur ce point les deux enfants mettent la faute sur le comptable, actionnaire au seins de la société. “Peut-être qu’il voulait couler la société pour récupérer les parts… Au final, on a été mal conseillés”, minimisent les deux Saint-Louisiens. Un discours qui n’est pas entendu par le parquet. “Chacun doit prendre ses responsabilités, le père comme les enfants. Quand on voit le nombre d’encaissements qui ont été faits dans ce lourd dossier, on voit l’organisation d’insolvabilité misété place de vecé techés bankoute”, appuie Simona Pavel.

Au final, l’ardoise s’élève à 1,6 million d’euros d’abus de biens sociaux, la dette aux fournisseurs de 800 000 euros et s’ajoutent 200 000 euros de passif. “Les gérants de droit et de fait sont là plaie de notre système”, appuie le ministère public avant de requérir des peines allant d’un an de prison ferme mais aménageable pour le père par rapport à la gravité des faits et 50 000 euros d’amende. Pour la fille qui a encaissé les chèques et fait circuler les fonds, deux années avec sursis ont été requis ainsi que 30 000 euros d’amende. Pour le beau-fils, un an de sursis a été requis, avec 15 000 euros d’amende. Tous les trois risquent une interdiction de gérer a vie. Pour le fils qui avait quitté l’entreprise plus tôt et porté plainte contre son père, six mois avec sursis on été requis, ainsi que la saisie de tous les biens. Pour la défense représentée par maître Farid Isse, les enfants sont “responsables mais pas coupables”, en rappelant un contexte familial proche de la série “Dallas” et la trajectoire d’autres entreprises familiales réunionnaises qui ont pu s’épanouir en suivant les mmes rêves.

Le délibéré sera rendu le 2 juin prochain.

LAURENCE GILIBERT

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