Devenir business angel en 12 étapes

Extrait du guide des start-up high-tech d’Olivier Ezratty, les 12 commandements du Business Angel sont des précautions à prendre pour toute personne qui veut investir à ce titre dans une startup. Valable pour les investisseurs comme pour les patrons de startups, ces quelques points peuvent aiguiller les uns comme les autres lors de leurs transactions notamment si vous souhaitez racheter une entreprise. Mais que regarder quand on souhaite le devenir ?

1. Investir dans des projets que l’on comprend

On ne le dira pas assez, si vous ne connaissez rien en informatique, il est peut-être sage de ne pas investir dans ce domaine sous peine de ne pas toujours saisir les enjeux inhérents à ce secteur. Il reste nécessaire de comprendre au moins ce que fait l’entreprise. Rien ne sert de vouloir investir si vous ne comprenez absolument rien car vous ne pourrez ni poser les bonnes questions aux entrepreneurs, ni conseiller et encore mieux vous assurer que l’entreprise a réellement une perspective d’avenir. Même si vous n’êtes pas un expert du domaine, intéressez-vous à la plus-value de l’offre par rapport à ce qui existe et aux barrières à l’entrée.

2. Ne pas croire aveuglement dans le business plan

Certes, c’est un outil précieux et un bon indicateur quant à la qualité d’une stratégie mais rien de plus. Dites-vous bien que cela se saurait si les business plans étaient parole d’évangile. D’ailleurs faire un business plan ce n’est pas prévoir l’avenir mais faire une prévision qui peut varier selon de nombreux facteurs (conjoncture, évolution soudaine du marché…). Il faut, dans l’idéal, vous intéresser aux variables prises en compte et vérifier qu’aucune d’entre elles n’a été biaisée voire pire oubliée. Vérifiez autant les achats que les ventes. Si certains posts manquent, n’hésitez pas à le signaler.

3. Modérer son enthousiasme et préférer être convaincu que séduit

Qui n’a pas encore été impressionné par la prestance, le choix de mots, la gestuelle, l’élocution de tel jeune entrepreneur ? Si ce sont des qualités indispensables en politique, elles le sont moins dans l’entrepreneuriat même si elles peuvent servir. Une belle stratégie n’est pas forcément une bonne stratégie. Pour éviter de tomber dans le piège, prendre du recul et consulter des avis extérieurs. Si vous êtes convaincus par les facteurs clés de succès, le business model ou encore les avantages concurrentiels, vous aurez plus de chance d’avoir trouvé un projet viable.

4. Privilégier l’équipe au projet

Une startup c’est avant tout les personnes qui la portent. Sans eux pas d’entreprise, pas de création. Il faut donc mettre un accent plus fort sur les porteurs du projet que le projet en lui-même. Deux idées apparaitraient à deux endroits du monde dans le même temps mais ne connaitraient pas le même succès. S’intéresser à l’équipe n’est pas anodin surtout si l’entreprise rencontre des difficultés car ce sera elle qui tieendra le navire. De la même manière, vérifier qu’elles possèdent les compétences nécessaires au développement de l’entreprise n’est pas un luxe.

5. Prendre la mesure de la capacité de remise en cause des créateurs

Une startup, c’est comme la vie, ça ne se passe jamais comme prévu. Comment les entrepreneurs réagissent ‘ils face aux imprévus ? Se remettent ‘ils en question ? Autant de paramètres qui vous donnerons une vue globale de ce à qui vous avez à faire. Il n’est pas rare qu’une entreprise doive changer de business model. Il faut donc que les fondateurs aient la capacité à se remettre en cause. S’ils ne doivent pas écouter tous les conseils (certains étant de mauvais conseils), ils doivent cependant garder une attitude d’ouverture et être réceptif aux différents signaux.

6. Ne pas prendre 6 mois à négocier le pacte d’actionnaires

Battre le fer quand il est chaud ! Il existe des sujets qu’il faut régler en priorité et le pacte d’actionnaires en fait partie. Inutile de perdre du temps et de l’argent car il vaut mieux fixer des bases claires et éviter ainsi de fâcheux malentendus. Le pacte d’actionnaires reste un document juridique de base et du moment que chacun est protégé et ne peut pas être lésé, vous pouvez rapidement passer à autre chose.

7. Investir et diriger ne pas confondre

Je finance donc je dirige ? Certainement pas ! Eviter de diriger les entreprises dans lesquelles on investit est une précaution de base qui évite de faire couler soi -même son investissement. Gardez à l’esprit que les entrepreneurs ont besoin d’argent, de conseils, mais pas forcément de votre leadership. D’autre part, plus vous immiscer dans la gestion, plus votre protection risque de sauter. La frontière étant fine, faites bien attention à ne pas la franchir car vous pourriez vite rentrer dans une situation de gestion de fait.

8. Parole donnée, parole sacrée

Si vous n’avez pas l’intention d’investir dans une entreprise, inutile d’y aller par quatre chemins. Par contre, si vous décidez d’y investir de votre argent, alors tenez vos engagements. Un Business Angel qui ne tient pas ses engagements auprès des startuppers n’est pas un Business Angel mais un Business Devil … Vous faites perdre du temps à cet entrepreneur qui peut le consacrer ailleurs alors autant vous dispense ez d’avoir une telle attitude.

9. Diluer son risque en se diversifiant

Diriger pour mieux régner, mais surtout pour mieux gérer. En diversifiant son investissement on dilue le risque pris… une histoire d’œufs et de paniers. En prévision d’une éventuelle mauvaise passe, il est recommandé de se diversifier rapidement car tous les projets dans lesquels vous allez investir risque de ne pas connaître le succès. Si certains vont vous surprendre de manière positive, d’autres vont rencontrer des difficultés inattendues donc autant vous y préparer.

10. Accepter les gamelles comme tout entrepreneur

Investir n’est pas systématiquement synonyme de Success Story à la clé. Et encore, il faut en faire du chemin pour y arriver. Un chemin jonché de pierres et en cas de chute, il faut accepter le faux pas et en tirer les leçons. Le minimum est de rester conscient que le risque zéro n’existe pas. En général, la moitié de vos investissements iront à perte, un quart se contentera de stagner et l’autre quart connaitra le succès.

11. Ne pas investir ses dernières économies

On le sait, jouer les Business Angels n’est pas à la portée de tous. SI vous avez des fins de mois difficiles, que vous refaites le calcul de vos courses en caisse ou de votre facture d’électricité, alors abstenez-vous ! Pour être Business Angel il faut en avoir les moyens. Et pour cause…

12. Argent misé, argent perdu

Toutes les startups ne sont pas vouées à devenir des groupes internationaux au CA à 10 chiffres. Certaines, malheureusement, ne dépassent même pas le stade de la TPE. Qui investit son argent dans une startup doit être prêt à le perdre si vous ne voulez pas être sans arrêt dans l’angoisse et mettre la pression aux entrepreneurs.

Voilà les 12 points clés sur lesquels s’appuie un investisseur qui veut devenir un Business Angel. Par effet miroir, ceci est valable pour l’entrepreneur qui doit choisir son ou ses Business Angels. Mais attention! Les Business Angels ne sont pas (tous) des anges : des mauvaises pratiques existent et nous vous recommandons de lire « Business Devils : les mauvaises pratiques que l’on peut rencontrer » de Guilhem Bertholet.

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