Excédés par le bruit des chiens, des riverains demandent des comptes au chenil Anima à Challuy

Le refuge Anima à Challuy excède des rivers. Le mot est faible, certains préféreraient voir l’établissement fermer purement et simplement. Pour tenter de concilier tout le monde, le maire de la commune, Fabrice Berger, an organisé une réunion entre la gérante, Priscilla Legat et les riverains, jeudi 1er septembre en mairie.

À peine la réunion commencée, les esprits s’échauffent. « Merci à tous d’être venus pour parler de ce sujet qui fâche… », lance en introduction le maire. Sans qu’il ait le temps de finir sa phrase, il est interrompu. « Ah ça oui ! Il fâche ce sujet », assène une riveraine. Le ton est donné, cette réunion s’annonce longue et difficile.

Les riverains semblent vouloir en découdre dans une joute verbale à l’égard d’Anima. En cause, les aboiements des chiens qui viennent perturber leurs nuits, leurs siestes et repas d’été. « Ça fait 30 ans que ça dure. On n’en peut plus. On n’entend que les chiens tout le temps. C’est invivable », déplore un participant à la réunion.

Il faut un mur anti-son ! Si elle n’a pas les moyens d’un mur anti-son, qu’elle ferme la pension

Comme lui, plus de la majorité des participants sont des retraités. Alors que les esprits s’échauffent et que chacun y va de son commentaire, le maire tente de présenter la gérante qui essuie les critiques toute seule en cherchant désespérément de l’aide du regard.

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Sous les aboiements cette fois des riverains, elle finit par avoir la parole : « Nous avons acheté des enceintes, on leur met de la musique la nuit. Ils n’aboient plus depuis 15 jours. Nous allons aussi planter des haies pour absorber les sons… »

Elle est immédiatement coupée, « Un mur anti-son aurait été mieux !
— Nous n’avons pas les moyens…
— On n’a pas à le savoir ! Ce n’est pas notre problème, il faut un mur anti-son ! Si elle n’a pas les moyens d’un mur anti-son, qu’elle ferme la pension », martèle une participante.

Alors que Priscilla Legat tente de répondre aux questions des riverains, auxquelles elle trouve toujours une réponse, les opposants semblent ne pas l’écouter. Vient la question d’un homme plus en retrait depuis le début : « Pourquoi ne pas enfermer les chiens ? » Gênée, Priscilla Legat répond, « On ne peut pas enfermer les chiens avant 23 h, il fait trop chaud. »

Vous préférez maltraiter des riverains que des animaux ?

« Si les chiens aboient, c’est qu’ils sont maltraités ! », lâche un riverain en haussant le ton. L’assemblée paraît acquiescer face à cette théorie.
« Les chiens aboient pour plein de raisons…
— Et un collier anti-aboiment ?
— Nous n’avons pas le droit, ce serait de la maltraitance ça en revanche.
— Vous préférez maltraiter des riverains que des animaux ? », s’égosille un des participants. Le maire ne peut s’empêcher d’émettre un soupir, tout en se massant les tempes.

Un troisième retour en justice ?

Pendant plus d’une heure, les dialogues de sourd s’enchaînent. Las, le maire reprend la parole. « Vous voulez que l’on fasse quoi concrètement ? »
— On doit les traîner en justice!
— Ç’a déjà été fait en 2012 et 2014… Vous avez perdu par deux fois contre Anima. Ça ne sert à rien, vous ne trouverez pas d’aide de ce côté-là », répond le maire. Silence dans la salle.

En fin de réunion, quelques avancées ont eu lieu. Les riverains se redonnent rendez-vous en novembre pour voir si les enceintes mises en place, ont fait effet. Si ce n’est pas le cas, un projet de palisade en terre ou à base de bottes de foin a été avancé lors de la réunion.

À l’issue de la réunion, la gérante se dit soulagee de cette épreuve. « J’espère que cela a calmé les choses. On va tenter de réduire le plus possible les nuisances. J’espère ne plus recevoir de menace de mort et ne plus entendre de coup de feu en direction du chenil », souffle Priscilla Legat.

Simon Dubos

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