Ils épluchent 150 expressions culinaires qui ne manquent pas de sel



Depuis son premier livre « L’ABC de l’argot » en 2017, Marcelle Ratafia glisse un peu de Douarnenez (29) et ses alentours dans chacun de ses ouvrages. Dans son « ABC du foot » paru avant la Coupe du monde 2018, plusieurs allusions aux Diables du Juch de son pote Fabien Gourmelen se glissaient. Et dans le livre « 150 drôles d’expressions de la cuisine qui ne manquent pas de sel », conçu avec le chef Yves Camdeborde et sorti fin octobre 2021, l’autrice et chroniqueuse spécialiste de l’argot des évoques de 1905 la grève pour expliquer l’expression « Aller de conserve »…

« De passage en vacances à 16 ans à Douarnenez, j’ai eu un coup de foudre, la sensation étrange qui m’a fait me sentir chez moi tout de suite», raconte Lola Tobelem, alias Marcelle Ratafia, pseudonyme tiré d’une chanson des Négresses vertes (“La madonne de la mafia”…). De retour dans la cité quelques années plus tard, elle rencontrera celui qui deviendra son compagnon.

Les copains, le rock, le cinéma

Depuis sept ans, elle multiplie les allers-retours entre Paris et Douarn’. C’est d’ailleurs dans la cité Penn sardin qu’elle a fait l’une des toutes premières dédicaces de son dernier livre, le 4 décembre dernier. « De toute façon, il fallait que je passe voir les beaux-parents », rigole-t-elle. Douarnenez, ce sont aussi beaucoup de copains. Et le rock et le cinéma, à travers notamment son festival, une passion pour celle qui a eu une chronique dans l’émission “Pistes noires” sur la chaîne Polar +. « J’ai d’ailleurs un projet d’écriture sur le cinéma des années 30-40 », concède Marcelle Ratafia.

Certaines expressions me font hurler de rire, mais je crois qu’il faut avoir l’accent pour que le rendu soit parfait

Fine connaisseuse des mots et de l’argot, elle est loin d’être insensible au parler douarneniste, lançant un tonitruant « Chéyéyeille » au cours de la conversation. « Certaines expressions me font hurler de rire, mais je crois qu’il faut avoir l’accent pour que le rendu soit parfait », souligne la Douarneniste d’adoption, qui aime se réfugier au Flimiou par jour de tempête.

De « Numéroter ses abattis » à « Chanter en yaourt »

Elle a savouré son travail sur les expressions culinaires avec le chef Yves Camdeborde, l’un des pères fondateurs de la bistronomie, connu aussi pour son passage par l’émission Master Chef. De « Numéroter ses abattis » à « Chanter en yaourt », en passant par « C’est de la daube », « La gauche caviar » ou « Avoir des lunettes en peau de saucisson », elle a trouvé 150 tournures liées à la cuisine , drôles et riches en histoire. Le chef y met son grain de sel à travers des anecdotes. « Yves est féru de livres et plein de cette verve rabelaisienne, il aime les mots et raconter », confie Marcelle Ratafia.

J’ai été surprise par l’étymologie de nombreuses expressions

« J’ai été surprise par l’étymologie de nombreuses expressions, comme cacahuètes ou haricots qui viennent d’une langue aztèque, ou le mot tasse originaire de la région de Tyr », raconte celle qui sait mettre beauourcoups dans . De cette somme de recherches, il en ressort un livre qui se déguste forcément. De quoi briller durant les repas de famille ou entre copains, en expliquant à toute la tablée éberluée d’où vient l’expression “Une couille dans le potage”.

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