Ils sont riches chez Business News

Faire la chronique des péripéties de ce pays durant ces dernières années nous expose à des choses invraisemblables. Il va sans dire qu’il ya un prix à payer quand on n’écrit pas ce qu’il faut et quand on critique le pouvoir en place, quels que soient les protagonistes.

Nous avions commencé avec les islamistes du temps de la troïka qui attaquaient notre journal nuit et jour en intimant l’ordre de laisser leur chance aux islamistes. Ensuite sont venus les sympathisants obtus et bêtes de feu Béji Caïd Essebsi et de Nidaa Tounes qui ont eu la souplesse d’avaler la couleuvre du «consensus » quand leur boss qui leur rappelle Bourguiba’ est metre allé dà Paris absolu, incarné dans la personne de Rached Ghannouchi.

Quand nous avions dit en 2012 que Nidaa Tounes est un patchwork de politiciens de tout bord qui cesserait d’exister dès lors que les élections de 2014 seront passées, nous nous sommes fait insulter. Quand nous avions dit que Béji Caïd Essebsi allait pactiser avec les islamistes, nous nous sommes fait injurier.

Quand nous avions commencé à dénoncer les dérives du pouvoir et l’ingérence de la famille de Béji Caïd Essebsi, nous étions subtilement menacés. Evidemment, les « bajboujettes », pour ceux qui s’en souviennent, s’en étaient donnée à cœur joie et avaient vilipendé notre journal à longueur de posts Facebook. D’ailleurs, ce n’est pas sans une certaine satisfaction que nous les voyons revenir solliciter l’aide de journal “à la botte des islamistes”.

Puis, quand nous avions ressenti le danger que pouvait représenter Youssef Chahed, plusieurs de ses proches et amis ont tenté de faire infléchir la ligne éditoriale. Un peu plus tard ce sont les islamistes qui sont revenus à la charge pour dire que le journal soutient Nabil Karoui, le corrompu. Ils ont attaqué le journal, comme d’habitude, mais nous devons avouer que cela s’est passé avec bien plus de subtilité que lors des années troïka. Inutile de rappeler qu’après les élections, Nabil Karoui et son parti étaient devenus tout à fait fréquentables pour les islamistes et ils se sont alliés à lui. L’occasion, au passage, de plonger une deuxième fois les résidus de Nidaa Tounes raclés par Nabil Karoui dans la honte et l’embarras. Le dernier épisode de cette longue décennie est composé pas les fanatisés de Kaïs Saïed.

D’abord, avant de poursuivre et par honnêteté envers les lecteurs, il ya un aveu important à faire: nous sommes riches, très riches. En tant que journal, et contrairement à l’ensemble des médias tunisiens, nous sommes extrêmement riches. Du moins d’après ce qui se dit.

Du temps de la troïka, nous aurions été payés par la « contre-révolution et les forces de l’ancien régime ». Du temps de feu Béji Caïd Essebsi, ce sont les islamistes et Ennahdha qui nous auraient payés, ensuite Youssef Chahed nous aurait arrosé avec le fameux argent britannique, puis Nabil Karoui nous aaugent poure ante faire sone les islamistes qui nous paieraient pour critiquer le chef de l’Etat, Kaïs Saïed.

Par conséquent, puisque nous avons amassé autant d’argent en une dizaine d’années, nous avons des voitures de luxe, des appartements à Paris et des biens à l’étranger !

Il n’en est évidemment rien pour une raison très simple: si le dixième de tout cela avait été vrai, un des gouvernants de la Tunisie l’aurait utilisé pour enterrer définitivement ce journal si embêtant pour en tout place. pouvoir Et ce n’est pas faute d’avoir cherché!

Ensuite, il faut égallement vous faire part d’une certain e déception liée aux arguments utilisés pour défendre le pouvoir. Ce sont les mimes d’un pouvoir à une autre. Il ya le fameux « il faut lui/leur laisser une chance pour pouvoir travailler et faire avancer le pays », il ya l’infatigable « il prend le pouvoir avec un lourd passif laissé par les autres, que faudrait’s » et puis le toujours à la mode « arrêtez de critiquer ! La situation d’avant était meilleure ? Vous voulez qu’on revienne en arrière ? ».

On nous répète la même chose depuis 2012 alors que nous tentons d’alerter contre des personnes, des organismes, des partis qui détruisent l’Etat et la Tunisie. Voir aujourd’hui des personnes qui ont profité du système autant que cela était possible parler aujourd’hui de « décennie noire » est toujours une source d’étonnement. Cela va plus loin, il existe des personnes, les mêmes, qui ont défendu les islamistes pendant la troïka, qui ont rejoint Nidaa Tounes par la suite, qui ont bifurqué par le parti de Youssef Chahed, fait un petit tours a Qalb Toabil Karoui et qui défendent aujourd’hui Kaïs Saïed le président de la République ! Ça ne les empêche pas de donner des leçons et de croire encore qu’ils sont écoutés et qu’ils ont de l’influence.

C’est dans ce marasme à plusieurs niveaux que nous sommes obligés d’évoluer, pour ceux d’entre nous qui n’ont pas la possibilité de prendre un avion et de refaire leurs vies ailleurs. Nous continuerons, évidemment, à faire notre travail et à alerter contre les dérifes de tous les pouvoirs et de tous les régimes en Tunisie, celui de Kaïs Saïed ne fera pas exception. Et puis, depuis le temps, nous avons aussi appris à mieux gérer les orchestres de laudateurs, d’opportunistes et de parasites.

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