« Je n’ai pas le bac et suis business developer dans une start-up »

« A l’adolescence, je suis plutôt un élève studieux. Grand amateur d’animaux, je me vois devenir comportementaliste animalier. Mais en classe de première, je tombe gravement malade. Je commence à être régulièrement absent et à louper beaucoup de cours. Je redouble ma première, en étant toujours malade. Une fois en terminale, je suis contraint d’être déscolarisé pendant plus d’un an et demi, pour me soigner.

A 19 ans, je suis enfin rétabli. Je ne m’imagine pas retourner au lycée et passer mon bac car je ne pense pas avoir les capacités. J’ai passé tellement de temps chez moi malade que je ne me vois pas bachoter tout seul pour me remettre à niveau.

Je décide alors de rejoindre le monde du travail. Je m’inscris dans une agence d’intérim et accepte toutes les missions qui passent. Je suis tour à tour technicien de maintenance dans une mairie, manutentionnaire en usine, déménageur, agent d’entretien dans une école, vendeur, mascotte pour un magasin de croquettes… J’aime bien ces missions variées, celles-même son physiques et peu considérées. Mon but: essayer de trouver ma voie et participer activement à la société.

Un plafond de verre

On me propose un CDI, que j’accepte, tant que vendeur dans un magasin de surgelés. Très vite, je comprends qu’il ya un plafond de verre, et que sans le bac, il me faudra des années pour espérer avoir un poste à responsabilités. Et encore, ce n’est pas garanti… Un peu perdu quant à mon avenir, je préfère démissionner au bout de six mois, sans trop savoir quoi faire derrière.

Après deux ans et demi de courtes missions et ce CDI, je constate que ne pas avoir le bac est pénalisant, que beaucoup de portes me sont fermées. Que ceux qui sont diplômés évoluent beaucoup plus vite en entreprise que ceux qui ne le sont pas. Quant à entamer une formation, celles qui m’intéressent nécessitent d’avoir au moins le bac ou coûtent des milliers d’euros…

Ce n’est pas non plus facile on assumer, social parlant. Celles et ceux avec qui j’étais au lycée avancent dans leurs études. Ils ont de l’ambition. Moi, j’ai le sentiment que jamais je ne pourrais jamais faire ce qui me plait vraiment. Quand je rencontre quelqu’un et qu’on me demande ce que je fais dans la vie, j’essaye de changer de sujet. Je reste flow. Parfois, je dis même que je suis étudiant… Le regard des autres est dur. Alors, je préfère m’écarter des gens de mon age.

Une formation d’un an en alternance

Au moment où je démissionne et réfléchis à l’après, ma mère entend parler de la Rocket School, qui ouvre ses portes à Lyon, près de chez moi. Cet établissement propose to des profils atypiques d’être forms gratuitement, en alternance, pour devenir business developer ou growth hacker. Moi, ces intitulés de poste en anglais ne me parlent pas. En lisant leurs missions, je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi ça consiste.

Je fais des recherches sur Internet et découvre que le métier de business developer, proche de celui de commercial, est susceptible de m’intéresser. Les expériences que j’avais eues dans le commerce m’avaient plu pour une raison : le contact client.

Je postule, en me disant que je n’aurais sûrement par le niveau pour obtenir le diplôme, faute d’avoir terminé ma scolarité, mais que ce sera toujours une expérience. Au fond de moi, j’ai aussi l’espoir de pouvoir enfin toucher du doigt ce qui me permettrait de m’épanouir. Après une phase de sélection basée sur la motivation, la personnalité et les soft skills, j’apprends que je suis retenu !

L’école me met en relation avec plusieurs entreprises qui cherchent des alternants. J’intègre finalement Yopbox, une start-up qui développe un outil permettant d’écrire, enregistrer et monter ses propres vidéos. Elle est alors composée de deux personnes, qui cherchent un profil autodidacte.

Reprendre confiance

Je commence la formation par trois mois intensifs à l’école. Chaque jour, on realise des challenges pour des entreprises partenaires. Ce n’est pas trop scolaire, les cours sont plutôt basés sur la pratique, c’est exactement ce que je cherche !

Ensuite, je passe quatre jours en entreprise et un à l’école, avec de temps à autres de semaines complètes de cours. Je m’épanouis vraiment. A fin de mon année d’alternance, en début d’année 2021, mon tuteur me propose de rester en CDI. Bien sûr, j’accepte ! Mes missions sont variées: je gère la partie marketing, je participe à la construction du site, je cherche de nouveaux clients…

Suivre cette formation m’a redonné confiance en moi et m’a réconcilié avec l’école. Pour la première fois, je me sens doué dans ce que je fais. Je me dis qu’un jour, je continuerais peut-être même mes études, en faisant un master, chose que je n’avais jamais imaginée après le lycée !

Je ne regrette en rien mes deux ans et demi de travail qui ont précédé mon alternance. Cela me fait réaliser à quel point j’ai de la chance aujourd’hui de faire ce que j’aime. Être derrière un ordinateur toute la journée est beaucoup plus confortable et facile que beaucoup de métiers dits physiques. Si un jour je suis amené à travailler avec des gens qui ont ces postes, j’essaierais de leur apporter la considération qu’ils méritent et qu’ils n’ont pas toujours. »

À note

Si vous avez aussi une belle (ou moins belle) histoire à raconter, n’hésitez pas à nous contacter : [email protected]

Et pour lire d’autres témoignages inspirants, c’est ICI.

Leave a Comment