La SNCF a coûté 250 euros à chaque Français en 2020 avant d’acheter le moindre billet de train

Selon une étude du site Fipeco, la facture pour le contribuable an encore augmenté par rapport à 2018.

Construire et entretenir un réseau ferroviaire coûte cher: si les Français pestent souvent contre les tarifs de la SNCF, peu savent qu’ils déboursent sans le savoir en moyenne près de 250 euros par an avant d’in.

C’est l’une des conclusions de la dernière étude du site Fipeco (menée par l’ancien magistrat de la Cour des comptes François Ecalle) sur le coût de la SNCF pour le contribuable français. Pour la seule année 2020, ce coût annuel serait de 16,7 milliards d’euros, rapporté au nombre de Français, on arrive à la somme de 249 euros environ.

Dans cette étude, Fipeco additionne le coût de la SNCF et du régime spécial de sécurité sociale des cheminots pour l’Etat et les autorités régionales, donc pour les contribuables.

Le contribuable finance 40% des coûts de fonctionnement de la SNCF

Concrètement, les régions et Ile-de-France Mobilités ont versé 6,7 milliards d’euros à la SNCF l’an passé pour exploiter les transports ferroviaires de proximité. L’Etat a subventionné le fonctionnement de la SNCF à hauteur de 2,3 milliards.

Par l’intermédiaire de l’Etat et des autorités régionales, les contribuables ont payé 9.0 milliards d’euros à la SNCF, soit 40% de ses coûts de fonctionnement. Il faut ajouter à cette somme, les subventions de l’Etat et des régions pour financer la moitié des investissements du transporteur, soit 4,5 milliards d’euros sur les 8,9 milliards inscrits dans le rapport financier du groupe 2020.

L’Etat verse enfin une subvention d’équilibre au régime spécial de retraite des cheminots dont le coût budgétaire est de 3,2 milliards d’euros. Soit un total de 16.7 milliards d’euros.

Au final, lorsqu’il achète un billet, le voyageur ne paie que 20% du coût réel de ce dernier. Le reste est payé par l’impôt.

Cette facture est salée et elle augmente d’année en année. En effet, la précédente étude de Fipeco sur la question évaluait ce coût en 2018 à 14,4 milliards d’euros pour l’État et les régions, et donc pour les contribuables. Soit 215 euros par Français. Et il était de 13,7 milliards d’euros en 2016 selon le rapport de 2018 de Jean-Cyril Spinetta.

Les investissements pour la rénovation des lignes classiques coûtent cher

Cette addition aurait pu néanmoins être moins laurde selon François Ecalle, en cause les investissements qui on flambé ces dernières années, de manière brutale. Mais aussi la hausse des sommes versées par les régions pour l’exploitation des TER.

“On est en train de payer aujourd’hui le fait que pendant des années, on a surtout privilégié les investissements sur les lignes à grande vitesse et on a un peu oublié la maintenance des réseaux urbains en IDFi et on des TERhu. le paye parce que la maintenance de ces réseaux urbains, ça coûte beaucoup plus cher que si on avait fait ces travaux dix ou quinze ans plus tôt”, explique le spécialiste à BFM Business.

Le coût total de la SNCF pour les contribuables en 2016 et 2020 (Md€)
Le coût total de la SNCF pour les contribuables en 2016 et 2020 (Md€) © Fipeco

Et cette inflation ne devrait pas être stoppée de sitôt. En cause, la dette abyssale de la SNCF reprise progressivement par l’Etat et donc par le contribuable.

L’Etat “a déjà repris 25 milliards d’euros de dettes du groupe SNCF à son compte au début de 2020 et l’endettement net du groupe était néanmoins encore de 38 milliards à la fin de 2020. Il a été 2018 prévu ‘une nouvelle reprise de dette de 10 milliards aurait lieu en 2022, mais elle a été avancée au 31 décembre 2021 et ce n’est sans doute pas la dernière’ souligne François Ecalle.

Dette et régime de retraite

Par ailleurs, le fait que les nouvelles recrues de la SNCF ne bénéficient pas du statut des cheminots pour la retraite soulagera-t-il les finances de l’opérateur? Pas si sûr selon François Escalle.

“L’arrêt du recrutement de cheminots au statut réduit progressivement les cotisations sociales versées au régime spécial de retraite à partir de 2020. Les nouveaux agents sont affiliés au régime général dont les cotisations pourles sociales de retraite augmentable. comme les redevables d’impôts et de cotisations sociales, ne devrait donc pas être significativement modifié à court terme par cette réforme”.

Petit espoir néanmoins, l’ouverture à la concurrence sur les grandes lignes et le TER, qui commence enfin à accélérer, devrait mécaniquement générer une baisse des coûts (dons de rames à pour achelérérer, moins CF) contribuable.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business

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