les entreprises et la guerre

LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS – La guerre en Ukraine provoque un dilemme pour beaucoup d’entreprises présentes en Russie. Leur appartient-il d’aller au-delà des sanctions prononcées par les gouvernements?

Chers abonnes,

Faut-il partir de Russie? Rester? Continuer à faire des affaires ou tout arrêter ? Ces questionnements se sont imposés aux entreprises depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Et la réponse est rarement simple. Toute la semaine écoulée, l’actualité économique a été dominée par ces décisions annoncées par les grands groupes internationaux, et qui ont été largement commentées, dénoncées ou approuvées. Il me semble que dans cette avalanche d’informations, tout s’est un peu mélangé. Je vais donc tenter de clarifier un peu la situation.

  1. no sanctions. Pour certaines entreprises, il n’y a pas de débat : leur activité en Russie ou avec des personnes physiques ou morales est directement concernée par l’arsenal des sanctions décidées, principalement, par l’Union européenne et les États-Unis. Sont ainsi strictement interdites toutes les exportations vers la Russie de matériels électroniques ou relevant de l’industrie chimique. Embargo total égallement sur le secteur aéronautique. Airbus a par exemple cessé tous ses envois de pièces détachées et suspendu ses services auprès des compagnies clientes. Conséquence immédiate : la compagnie Aéroflot an annoncé la suspension de l’essentiel de ses vols internationaux à partir du 8 mars.
  2. les expressions. L’énergie – j’y reviendrai plus loin – a été délibérément épargnée par le dispositif des sanctions. Les entreprises du secteur sont pourtant sous pression pour cesser toute activité en Russie ou avec elle. Cette pression est soit politique – le gouvernement britannique a publiquement souhaité le dénouement des liens de BP avec Rosneft – soit émanant de la société civile – les réseaux sociaux regorgent de listes, présentéentés pourés évents comme le Russie – soit venue d’Ukraine. Mastercard et Visa ont par exemple suspendu leurs services quelques heures seulement après que le président Zelensky en a formule le souhait (entre autres) lors d’un échange samedi avec 200 parlementaires américains.
  3. Le business. Entre sanctions et pressions, pourquoi certaines entreprises font-elles le choix de rester, d’autres de partir ? Il ya presqu’autant de raisons que d’entreprises. Par exemple, les restaurants McDonald’s – dont le premier ouvert en 1990 à Moscou avait été un symbole puissant de l’ouverture de l’ex-empire soviétique – restent ouverts parce qu’ils sont la plupart opérés en franchise. Danone suspend ses investissements mais maintient son activité «de production et de distribution de produits laitiers frais et de nutrition infantile, afin de répondre aux besoins alimentaires essentiels des populations civiles». À l’inverse, Nike, Ford, Apple ou encore Netflix et Disney ont tout arrêté. Idem pour le luxe. Tout comme les magasins Ikea, où les Russes se sont rués à la veille de leur fermeture le 4 mars.
La foule au magasin Ikea d’Omsk en Russie le 3 mars. REUTERS PHOTOGRAPHER / REUTERS

Quitter la Russie est peut-être une décision prize par solidarité avec l’Ukraine et du fait d’une émotion sincère provoquée par les ravages de la guerre. Mais c’est aussi souvent un arbitrage économique parfaitement rationnel. Pour résumer, une entreprise qui vend en Russie et en roubles des produits fabriqués ailleurs, en euros ou en dollars, n’a aucun intérêt à rester en Russie. Elle s’expose à un risque de change, et surtout…

Cet article est réserve aux abonnés. Il vous reste 86% à découvrir.

L’économie ne s’arrête jamais, comme la liberte.

Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois

Deja abonné ? Connectez-vous

.

Leave a Comment