Narbonne : Raymond Sisouphanthong ce Laotien narbonnais qui cuisine italien !

Une intégration réussie : Arrivé à 8 ans sur le Tarmac de Roissy sans parler un seul mot de français et grelottant de froid, le jeune Lamone devenu Raymond a appris le français au CP puis le mévaer de la restauration. Il est aujourd’hui à la tête de plusieurs restaurants.

Raymond est né le 20 juillet 1967 à Vientiane (capitale du Laos) dans une famille bourgeoise réputée. Ses deux grands-pères sont ministres ! Son père est colonel, garde du roi et sa mère députée. Alors qu’il se destinait à une carrière de dignitaire, les évènements tragiques du coup d’état de 1975 obligent sa famille à s’enfuir avec de nombreux autres boat people via la Thaïlande et sans un sou en poche. Sa mère a tout vendu pour payer les passeurs et billets d’avion des 6 enfants … Il arrive à Paris à 8 ans en plein hiver sans parler un seul mot de français. Sa famille est accueillie via l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), ils obtiendront le statut de réfugiés alors que son père, resté au Laos, sera interné plus de 20 ans sans jamais voir la lumière du jour.

Dans un camp de réfugiés au Barcarès

Installés dans un camp de réfugiés près de Paris, ils seront ensuite envoyés au Barcarès dans un camp d’accueil avant de pouvoir s’installer à Perpignan. Pour faciliter son intégration, son prénom est francisé. Le jeune Raymond apprend la langue française en entrant au CP et travaille d’arrache-pied en mettant un point d’honneur à être 1er de sa classe (prix d’excellence chaque année jusqu’en terminale) avant de poursuivre par une license d’économie hôtellerie-restauration. Il obtiendra la nationalité française en 1978 en transformant son prénom Lamone en Raymond. Il effectuera son service militaire à Mont-de-Marsan au 6e RPI.

Ne souhaitant pas faire de longues études, il “monte” à Paris pour se lancer comme assistant manager auprès de plusieurs sociétés de restauration notamment italienne, cette cuisine traditionnelle et conviviale ayant sa préférence. Il apprendra le métier au sein de plusieurs enseignes bien connues, avant de s’offrir un tour du monde d’une année ou il manquera perdre la vie au Vénézuela.

Retour aux sources

En 2000, il retourne au Laos Voir son père, miraculé des camps, qui lui propose de reprendre la direction de son hotel. Raymond ne veut pas être redevable de ses parents : il veut réussir sa vie par lui-même. Après un séjour à Bangkok o il lance un restaurant, il revient en Occitanie pour s’associer avec deux amis connus dans ses pérégrinations culinaires précédentes et lancer les restaurants Italiens « Gusto » basés, mont-Fne Lattebes, Narc Strasbourg…

Il participe égallement à un groupe BNI de la ville. ” Qui donne reçoit”, telle est la devise de Raymond inquiet de la situation mondiale et notamment de la guerre en Ukraine qui lui rapelle les atrocités commises au Laos. Aujourd’hui, il a à cœur de transmettre son expérience, son goût du travail et des contacts humains. Il souhaite rendre à la France tout ce qu’elle lui a apporté en l’accueillant à 8 ans… Et lui permettant une intégration réussie par le travail.

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